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Un hiver en caravane

Nous étions allés tester le chauffage d’une Eriba Touring pour un Hiver caravane à Châtel, en Haute-Savoie, au camping l’Oustalet. Nous y avions rencontré deux couples, mordus de caravaneige. Voici leur expérience.

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À mille mètres d’altitude, au cœur de cet hiver 2019-20. Les caravanes et camping-cars stationnés à L’Oustalet semblent totalement écrasés sous une épaisse couche de neige. Où surgissent de gros caissons jaunes. La plupart des véhicules en sont équipés. Ceux que le patron du camping se charge de déneiger. Pour en débarrasser les toits de centaines de kilos de neige alourdie par l’eau de pluie gelée. Or, pour éviter que le balai manié vigoureusement et à l’aveugle n’abîme les lanterneaux. Certains caravaniers protègent ces derniers avec de gros coffres en bois que, souvent, ils fabriquent eux-mêmes. Sachant que le camping les stocke le reste de l’année.

Mesures de protection pour l’Hiver en caravane

Une caravane qui stationne longtemps sous les intempéries et par des températures souvent négatives en hiver, doit être protégée. À l’Oustalet, on voit de grands sur-toits en toile destinés à supporter la neige à la place de la caravane – d’autant qu’ils reposent sur le toit, à l’emplacement des parois. On croise des caravanes aux baies, roues et timon bâché. Ainsi d’étranges stores extérieurs en aluminium destinés à empêcher les coulures de neige gelée d’obstruer les fenêtres. Autre grand classique, l’appentis, petite cabane légère que l’on colle à la porte d’entrée. Comme chez Monique et Paul, skieurs suisses qui m’invitent dans leur grande Hobby double essieu.

« L’appentis nous sert de pièce de stockage et de sas, qui fait office de tampon thermique, m’explique Paul. Mais d’autres s’en servent comme une pièce à part entière, il y en a même qui le chauffent. »

Un hiver en caravane

Chez Ruth et Wilfried, caravaniers allemands, pas d’appentis, mais un simple auvent toute saison, qui abrite la cuisine.

« C’est la cuisinière et le four qui chauffent l’auvent donc, en dehors des heures de repas, il n’y fait pas chaud du tout ! », me précise Wilfried.

70 jours par an pendant l’hiver

Les deux couples, mordus de montagne et de ski, ont l’habitude de séjourner plusieurs semaines à l’Oustalet. Si les Allemands installent et désinstallent leur Eriba Nova chaque année, Paul et Monique laissent leur Hobby en permanence sur le terrain. Ils la retrouvent et la « remettent en service » à chaque début de saison, mi-décembre, et la referment à la mi-avril. Ruth et Wilfried, eux, profitent du « week-end spécial installation » organisé par le camping au mois de novembre.

« On retrouve tous les habitués, dont certains sont des amis, des campeurs venus de divers pays d’Europe ».

« Cela nous demande pas mal de travail de mettre en service la caravane : installation des protections anti-neige, plein du réservoir d’eau. Nous retournons aussi plusieurs fois en Allemagne pendant la saison de ski et chaque départ nous oblige à vider les réservoirs et purger les réseaux, me détaille Wilfried. Et puis j’installe des poteaux à l’intérieur, pour soutenir le toit et éviter que le poids de la neige ne le déforme. »

Le chauffage, c’est la clé

S’ils savent qu’ils peuvent compter sur les gérants du camping pour chauffer leur Eriba avant leur retour. « la première nuit est toujours froide, me confie Ruth, et il faut du temps pour que le contenu des placards soit chaud ». Dans la Hobby des Suisses comme dans l’Eriba des Allemands il fait très bon, grâce à la résistance du Truma Ultra-Heat, qui offre 2 000 Watts « qui ne coûte pas plus cher, m’explique Paul, car on paie un forfait électricité journalier ! ». Et si jamais le mercure descend encore, nos deux ajoute 4 000 Watts.

« L’important, m’explique Monique, c’est l’air pulsé qui permet de répartir la chaleur dans toute la caravane ». Quant à Ruth et Wilfried, ils ont une arme secrète : de larges bandes chauffantes électriques qu’ils ont installées sous les nombreux tapis de leur Eriba. « Il fait toujours 21° dans notre caravane, se félicite Ruth. Tant mieux car, en hiver, on est à l’intérieur à partir de 16 h et toute la Journée s’il ne fait pas beau ».

Cuisine interdite !

« Chaque centimètre en plus, c’est plus de confort », m’explique Wilfried dont la Nova 580 SL offre une belle largeur habitable. Pour ces caravaniers, il faut absolument s’habituer à vivre dans la promiscuité. Les Allemands font de la caravane depuis 40 ans et les Suisses ont connu, en plus, la marine à voile… Pour tous, un des secrets est de ne pas utiliser la cuisine, afin d’éviter le désordre, les meubles gras et surtout les odeurs.

Si les Allemands ont leur auvent, Les Suisses ont une solution plus radicale : « pas de cuisine, on va au resto ! », m’explique Monique qui, en 25 hivers, a eu le temps de témoigner de la compassion pour nombre de commerçants châtelains. Même règle pour la salle de bains WC excepté, l’Oustalet étant équipé de sanitaires chauffés ainsi que d’espaces dévolus à l’entreposage et au séchage du matériel de ski. « On utilise notre douche comme penderie et comme séchoir à combinaisons » note Ruth, qui apprécie les installations de l’Oustalet, même si elle regrette cette spécificité française de séparer douches et toilettes.

Enfin, tous saluent l’accueil chaleureux, l’excellente situation (les pistes ne sont pas loin et le bus s’arrête devant le camping) et le niveau de confort de l’Oustalet. Il nous offre notamment une jolie piscine couverte et très bien chauffée.

Nettoyage de printemps

Au mois d’avril, au terme de 70 jours de montagne, les deux couples nettoient leurs véhicules. « La neige, la pluie qui charrie des saletés ; l’alternance du gel et du dégel… : tout cela laisse sur la caravane une bonne couche de crasse dont je viens à bout en deux heures de nettoyage à l’eau savonneuse, dès qu’il fait beau », m’explique Paul. Avec son épouse Monique, ils vont laisser leur Hobby passer l’été à l’Oustalet, et se consacrer à leur 4×4 aménagé. Wilfried et Ruth, les Allemands, retourneront vers Essen (à environ 800 km), avec leur Skoda Kodiak 2 l TDI 190 ch qui, selon Wilfried, « marche bien pour tirer les deux tonnes de l’Eriba ». Et, à l’heure où nous publions cet article, j’imagine qu’ils sont en train de refaire la route vers Châtel, en prévision d’une nouvelle saison de ski…