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Christopher Dembik (Saxo Bank) : "Marine le Pen s’est normalisée, en tout cas du point de vue économique".

Invité de Jean-Paul Chapel ce mardi, Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank, est venu aborder, sur le canapé gris de Franceinfo, les différences programmatiques des deux candidats à la présidentielle qualifiés pour le second tour. Il souligne des changements par rapport à 2017, en particulier pour le projet de Marine Le Pen : "C’est le jour et la nuit, il y avait des éléments qui étaient très anxiogènes, le Frexit (…) ça, ça a disparu". L’économiste de Saxo Bank remarque qu’elle a en revanche beaucoup de mesures sur le pouvoir d’achat : "Son slogan de campagne, du point de vue économique, c’est d’ailleurs redonner de l’argent aux Français".

Christopher Dembik (Saxo Bank) :

Il cite les mesures de la candidate d’extrême droite sur cette thématique : la TVA à 0 % sur des biens de première nécessité, une baisse de la TVA sur les produits énergétiques (à 5,5 %) ainsi qu’une hausse des salaires de 10 %. Pour cette dernière, il prévient que toutes les entreprises ne seront pas en mesure de le faire : "Indéniablement, toutes les entreprises ne sont pas en mesure d’augmenter de 10 % les salaires". Il évoque par ailleurs la proposition de Marine Le Pen concernant la suppression de l’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans qu’il qualifie d’inédite : "Un seul pays européen qui a mis ce type de mesures, c’est la Pologne en 2019 qui a exonéré d’impôt sur le revenu les moins de 26 ans". S’il affirme que la proposition peut être intéressante, il la juge néanmoins coûteuse et tient à en nuancer l’efficacité : "Attention, quand même, il faut savoir qu’il y a beaucoup de jeunes qui ne paient pas d’impôts sur le revenu". Du côté du Président sortant, « c’est beaucoup moins dense » selon lui. Emmanuel Macron propose un doublage de sa prime jusqu’à 6 000 euros, mais, d’après Christopher Dembik, comme pour la hausse de 10 % des salaires de Marine Le Pen, celle-ci n’est qu’incitative et concernera surtout les grosses entreprises.

L’économiste est revenu par ailleurs sur les propositions de réforme des retraites des deux candidats : "Pour Emmanuel Macron, même si on voit qu’il y a eu des ajustements hier, ce qui est écrit, c’est repousser l’âge de la retraite à 65 ans au lieu de 62 ans". "Du côté de Marine Le Pen, il y a eu aussi pas mal de mouvements" remarque-t-il. Il explique que Marine Le Pen a notamment assoupli l’abaissement de sa réforme des retraites à 60 ans : "Si on est rentré sur le marché du travail entre 17 ou 20 ans, là, on peut prétendre à une retraite avant à 60 ans, sinon 62 ans". Cette différence provoque de fortes divergences dans l’estimation du coût des programmes : "Marine Le Pen, c’est à peu près trois fois plus cher que le programme d’Emmanuel Macron, mais là encore, ça reste des grands ordres de grandeur". En tout cas, il n’y aurait pas de paniques sur les marchés après la qualification de la candidate du Rassemblement National au second tour : "Il n’y a quasiment pas de réactions des marchés financiers, Marine le Pen s’est normalisée, en tout cas du point de vue économique".

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