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Patrice Leconte signe sa première pièce de théâtre, en avant-première à Anet

Avez-vous vécu l'expérience de vous allonger sur le canapé d'un psy ?
Non, je n’ai jamais vécu cette expérience. Les films que je fais me permettent de raconter ce que je pourrais dire à un psy. Mais je préfère faire des films.

The Canapé a-t-il un lien avec Les Grands ducs, votre film hommage à ces bonnes comédies de boulevards et à leurs interprètes, tant raillés par la critique, mais tant aimés du public ?
Voilà, c’est exactement cela. La meilleure récompense du monde, c’est la satisfaction et les rires du public. La pire calamité est l’ennui.

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de vous mettre à
l'écriture d'une pièce ?
L’envie d’écrire pour le théâtre me titillait depuis longtemps. J’ai mis du temps parce que je suis "un hyper actif lent"; pour les romans, c’est la même chose, je m’y suis mis sur le tard.

Quelle est la grosse différence entre l'écriture d'une pièce et un film ? Y a-t-il en fait une différence ?
La différence essentielle est qu’une pièce doit se passer idéalement dans un lieu unique et avec peu de personnage. Ces contraintes ne limitent pas l’imagination, au contraire, elles la fertilisent. Et puis, le théâtre, c’est avant tout des dialogues, et j’ai toujours aimé faire parler les personnages.

Votre pièce est-elle une façon aussi d'apporter un peu de légèreté dans une période si plombante ?
Dans la période que nous vivons, je n’ai aucunement envie d’apporter de la lourdeur (jamais, d’ailleurs). Alors, vive la légèreté qui, bien entendu, est une qualité, et non un défaut, comme on le croit trop souvent.

Êtes-vous du genre à passer de longs moments sur votre canapé ?
Je ne connais pas vraiment l’inaction. J’aime bien traîner aux terrasses des cafés, mais seul, sur un canapé, à regarder le plafond, non, vraiment, ça ne m’arrive jamais.

Peut-on envisager une adaptation ciné de votre pièce ?
Certainement pas. C’est écrit pour le théâtre, uniquement, et je ne vois pas du tout quelle adaptation on pourrait en faire.

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"Allongé sur le canapé d'un psy, Maigret dirait : « Merci, Georges, pour m’avoir inventé de si belles histoires".

Patrice Leconte signe sa première pièce de théâtre, en avant-première à Anet

Patrice Leconte (Auteur, réalisateur)

Votre nouveau film, Maigret, avec Gérard Depardieu, sort prochainement au cinéma. C'est une autre atmosphère que celle du Canapé. Qu'apporte-t-il de neuf par rapport aux autres interprètes du célèbre commissaire ?
Chaque nouvel interprète de Maigret apporte sa personnalité, son vécu, son ressenti. Gérard Depardieu est un Maigret idéal, opaque, silencieux. Je me demande même pourquoi personne n’avait jamais pensé à lui pour ce rôle; d’autant qu’il est un grand lecteur et admirateur de Simenon.

Allongé sur un canapé, que dirait Maigret sur Simenon ?
Il lui dirait : « Merci, Georges, pour m’avoir inventé de si belles histoires ».

Pièce, comédie, drame…, : la diversité artistique est dans votre ADN ?
Oui, absolument, j’ai tellement peur de m’ennuyer, et donc d’ennuyer les gens, que j’ai besoin de faire des tas de choses très différentes. Je n’ai pas envie d’être monochrome.

On a peu parlé de vous lors de la disparition de Jean-Paul Belmondo, alors que vous avez été le dernier cinéaste à le faire tourner (avec Blier). Que retiendriez-vous de la star, mais aussi de l'homme ?
Jean-Paul Belmondo était un homme talentueux et lumineux. Il avait sans doute ses zones d’ombre, mais il ne voulait les imposer à personne.

La disparition de Belmondo sonne-t-elle la fin d'une (belle) époque
du 7e art ?
Oui, c’est peut-être la fin d’une belle époque. Celle du cinéma d’avant. À nous de construire le cinéma d’après.

Depardieu est-il le dernier monstre sacré de sa trempe ?
Gérard Depardieu est sûrement le dernier monstre sacré. Puisse-t-il l’être encore très longtemps.

Le Covid et l'état de la société pourraient-ils vous inspirer une pièce, un film... drôle ?
Le Covid ne me fait guère sourire. Je ne sais pas si nous en rirons un jour. J’aimerais bien. Mais quand ?... En tout cas, je n’ai nullement envie d’inventer des histoires qui nous replongeraient dans les tourments que nous vivons.

The canapé.Avec Laurent Gamelon, Jean Benguigui, Sophier Tellier,...Mise en scène de Jean-Luc Moreau. Samedi, à 20 h 30. Tél. 02.37.43.00.70.

*The canapé se déroule dans un magasin vendant des canapés où se croisent toute l'équipe d'une pièce en cours de préparation, un metteur en scène, une actrice autoritaire, le producteur,... et un vendeur rêvant de brûler les planches.

Olivier Bohin